Le quiet quitting, ou « démission silencieuse », ne signifie pas quitter son poste, mais plutôt cesser d’en faire plus que ce que le contrat exige. C’est choisir de faire son travail — rien de plus, rien de moins : pas de mails en dehors des horaires, pas de réunions improvisées, pas de surcharge assumée.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces salariés ne sont pas nécessairement en guerre contre leur entreprise. Ils ne sont pas forcément mécontents de leur emploi mais ils choisissent de ne plus aller au-delà de leurs obligations.
À quoi ça ressemble concrètement ?
Le quiet quitting peut prendre les formes suivantes :
- Respecter scrupuleusement les horaires de travail, sans faire d’heures supplémentaires.
- Ne pas prendre d’initiatives ou de responsabilités supplémentaires.
- Se concentrer uniquement sur les tâches essentielles.
- Réduire les interactions sociales avec les collègues.
Pourquoi ce retrait ?
Les causes sont souvent structurelles :
- L’épuisement professionnel (burn-out) : Le stress chronique, la surcharge de travail et le manque de reconnaissance peuvent conduire à un épuisement professionnel, incitant les salariés à se désengager. Quand la surcharge devient la norme, le corps et l’esprit finissent par dire stop.
- Le manque de reconnaissance : L’absence de feedback positif et de valorisation pour les efforts consentis émoussent la motivation.
- Le déséquilibre vie pro/perso : La difficulté à concilier les exigences du travail et les obligations personnelles peut entraîner un désengagement. Quand le travail déborde trop souvent sur la vie privée, le retrait devient une forme d’autodéfense.
- La perte de sens : Les salariés qui ne trouvent pas de sens à leur travail peuvent perdre leur motivation. En effet, il est difficile de s’investir pleinement dans un travail qui semble dépourvu de finalité.
- Un management inadapté : Un management toxique, autoritaire ou incompétent peut décourager les salariés. Un manager qui ne soutient pas, qui dévalorise ou impose sans écouter pousse ses équipes à se protéger.

Les conséquences pour l’entreprise
Ignorer le phénomène serait une erreur car il peut entraîner :
- Une baisse de productivité : Le désengagement des salariés entraîne une diminution de la performance à l’échelle de l’équipe ou du service et donc, à terme, de l’entreprise
- Une ambiance détériorée : Le quiet quitting peut engendrer un climat de travail négatif en impactant l’ensemble de l’équipe et en provoquant un effritement de l’énergie collective.
- Une hausse du turnover : Les salariés qui se mettent en retrait sont plus susceptibles de quitter leur emploi à terme.
- Une image employeur écornée : Le quiet quitting peut nuire à la réputation de l’entreprise en tant qu’employeur et, donc, avoir des répercussions sur son attractivité.
Que peuvent faire les entreprises ?
Pour contrer le quiet quitting, il ne suffit pas de demander plus d’engagement. Il faut créer les conditions de l’engagement. Cela passe notamment par :
– Un équilibre respecté entre vie pro et perso : Respecter le droit des salariés à la déconnexion, les encourager à prendre des pauses, à utiliser leurs congés et à éviter les heures supplémentaires excessives.
– De la reconnaissance authentique au quotidien : Leur offrir des feedbacks réguliers, des opportunités de développement professionnel et de la reconnaissance pour leurs contributions.

– Une communication ouverte et honnête : Les encourager à exprimer leurs préoccupations, à donner leur avis et les prendre réellement en compte.
- – Un management humain : Favoriser la mise en œuvre de pratiques managériales basées sur le soutien et la valorisation, notamment en formant les managers à l’écoute, à l’empathie et à la reconnaissance,
- – Du sens au travail : Aider les salariés à identifier l’impact de leur travail sur la mission de l’entreprise afin de connecter les missions individuelles à une vision plus large.
Le quiet quitting n’est pas un caprice. C’est un symptôme. Celui d’un monde du travail qui a parfois oublié l’humain derrière la productivité. L’écouter, c’est déjà commencer à le soigner.
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